A Mhic lain ‘ic Sheumais est un chant de foulage. Le foulage avait pour but de dégraisser et d’assouplir l’étoffe de laine du tweed. Pour rythmer la tâche et briser sa monotonie, on chantait des chants simples et cadencés : les òrain-luaidh. Les ouvrières faisaient tourner le tweed vers la gauche en le tapant sur une surface dure.
La chanson « Prière des Mères » est née en 2014 d’une alliance entre l’auteure-compositrice-interprète Yael Deckelbaum et un groupe de femmes courageuses, à la tête du mouvement « Women Wage Peace ».Le 4 octobre 2016, les femmes juives et arabes ont lancé le projet « Marche de l’espoir ». Des milliers de femmes ont marché jusqu’à Jérusalem pour appeler à la paix. Un appel qui a atteint son apogée le 19 octobre, lors d’une marche d’au moins 4 000 femmes, moitié palestiniennes et moitié israéliennes, à Qasr el Yahud.A Prayer of the Mothers, paroles et musique Yael Deckelbaum, 2016.
Caserio
Texte occitan
Santo Geronimo Caserio, anarchiste toscan émigré à Sète, assassine le Président de la République française Sadi Carnot, à Lyon le 24 juin 1894, pour faire connaître les idées anarchistes et protester contre le sort réservé à leurs militants.
Cette chanson est une version occitane, écrite par Laurent Cavalié, du groupe Du Bartàs, de la chanson italienne la Ballata de Sante Caserio écrite en 1900 par Petro Gori sur un air traditionnel.
A écouter sur l’album Tant que vira de Du Bartàs, 2013 Label Sirventes.
Idle no more
Texte anglais
Idle no more, littéralement « n’attendez plus », désigne un mouvement de contestation né au Canada, en 2012. Les Premières Nations contestent une loi qui entraîne, selon eux la violation des traités ancestraux. Il est lancé par 4 femmes : Nina Wilson, Sylvia McAdam, Jessica Gordon et Sheelah McLean.
La chanson a été écrite et composée par Pura Fé, musicienne et activiste américaine. Membre fondateur du trio vocal amérindienUlali puis artiste solo, elle transmet la culture des natifs américains dans un blues dont elle revendique les influences indiennes.
Toto Bissainthe dit sa rage face à la dureté de la vie à Haïti et chante le deuil – Dèy– d’une île qui voit ses enfants mourir ou condamnés à l’exil, une île qui perd son sang. Elle clame sa révolte et appelle au « Rasenbléman » et au sursaut de fierté chez ses habitants qui doivent se rappeler qu’Haïti fut « Maman Liberté », la première colonie à conquérir son indépendance et la fin de l’esclavagisme.
Dey O, sur l’album Toto Bissainthe chante Haïti,1977
Fimmene fimmene
Texte italien (dialecte du Salento)
Chanson des cueilleuses de tabac des Pouilles, dans le Sud de l’Italie. Elle évoque les conditions de travail (grande chaleur, salaires de misère, difficulté de la tâche, abus sexuels).
Cette chanson est un composition du groupe Ueï (polyphonies occitanes et musique électronique). Le morceau raconte la lutte contre le barrage de Sivens, sur le cours du Tescou (Tarn, France) et le décès de Rémi Fraisse, naturaliste tué le 26 octobre 2014 par une grenade offensive lancée par un gendarme.
Texte : Rodin Kaufmann, musique : Rodin Kaufmann et Denis Sampieri
Aï mama, sur l’album Soleu d’argent, Ueï, 2018, Pantais records
La Lega
Texte italien
Chanson des mondines : repiqueuses et désherbeuses de riz de la vallée du Pô dans le Nord de l’Italie. Elles se rebellèrent au début du XXe siècle contre les patrons, les capi(gardes-chiourme), leurs conditions de travail et fondèrent leur syndicat : La Lega.
C’est le chanteur nantais Sylvain Girault qui écrivit cette chanson pour lutter contre la construction d’un aéroport à Notre-Dame des Landes (44), la musique étant composée par le groupe de fest noz Hamon Martin Quintet qui l’interprète régulièrement. Reprise par de nombreuses formations, la chanson et son clip sont des symboles importants de la résistance à ce grand projet inutile, abandonné en 2018.
Album Du silence et du temps, Hamon Martin Quintet, Coop Breizh, 2010
Cinturini
Texte italien
Chant (en dialecte de la région d’Ombrie) des travailleuses de l’usine textile de jute dirigée par l’ingénieur Centurini, dans la ville de Terni au début du XXe siècle. Dans le refrain, Ticchetettà est l’onomatopée du bruit des machines à coudre. Le travail de la jute était très malodorant. Une chanson de fierté féminine !
Le gouvernement du premier ministre Erdogan décide de transformer le Gezi Taksim Parc du centre d’Istambul en centre commercial. En mai, juin, juillet 2013, la jeunesse stambouliote se mobilise contre ce projet et la méthode autoritaire du gouvernement. Le chant s’appelle Chant des casseroles, car les indignés avaient coutume tous les soirs à 21h de mener un grand charivari en tapant à la fenêtre sur tout ce qui leur tombait sous la main.
Cette chanson est également appelée Santa Barbara bendita. C’est un chant de mineurs des Asturies composé à la suite d’un coup de grisou dans la mine de charbon Maria Luisa à Langreo. La chanson rend hommage aux 4 victimes (17 selon certaines sources) et prend à témoin Sainte Barbe, sainte patronne des mineurs, de cette injustice. Maruxina est le nom donné dans les Asturies à la poupée qui représente Sainte Barbe.
Cette chanson est devenue un hymne populaire en Espagne au moment de la grande insurrection révolutionnaire de 1934 dans les Asturies, et fut reprise depuis dans différentes luttes, dont les grandes grèves des mineurs asturiens en 2012.
Manman, la grève baré mwen, paroles et musique de Léona Gabriel en 1931, est une composition inspirée de bribes de chansons populaires. Elle porte le souvenir de la grande grève des usines sucrières de février 1900 marquée par un sanglant massacre d’ouvriers : la fusillade du 8 février devant l’usine du François, qui fit 10 morts. Le « Missié Michel » dont il est question dans la chanson (« Missié Michel pa lé bay dé Francs » – « Monsieur Michel ne veut pas donner deux Francs »), c’est Michel Hayot, directeur de l’usine de Rivière-Salée, qui refusait en effet de passer la journée des ouvriers à 2 Francs.
Chanson écrite en 1943 par Emmanuel d’Astier de la Vigerie, journaliste et résistant français. La musique est d’Anna Marly, chanteuse et guitariste russe, cantinière des Forces Françaises Libres à Londres (et compositrice également de la musique du Chant des partisans).
En 1969, le chanteur canadien Léonard Cohen en popularise une version anglophone dans son album Songs from a room.
Gorizia
Texte italien
Gorizia, petite ville italienne aux confins des Balkans, du Frioulet la Vénétie, fut le théâtre sanglant de combats contre les Austro-hongrois en 14-18. La bataille de Gorizia (9-10 août 1916) a coûté la vie à 90 000 soldats environ.Le soldat révolté maudit cet enfer et les traîtres officiers.
Ce texte, trouvé par Claude Barsotti, a été mis en musique par Manu Théron du groupe marseillais Lo Còr de la Plana. La chanson est dédiée à Pèire Bertas pseudonyme de Fernand Antoine, (1864-1950), instituteur marseillais révoqué pour ses opinions socialistes. L’auteur, J. Clozel, reste très méconnu. La chanson, qui évoque la Commune de Marseille est un hymne à la liberté, cette « muse des pauvres gens ».
Libertat, sur l’album Marcha, Lo Còr de la Plana, 2012, Buda Musique
Lindraji szi
Texte hongrois
Ce chant est une composition de JenoSzygo, musicien rom hongrois, créateur du groupe Ando Drom. Elle évoque poétiquement le sort des Roms, tenus à l’écart du reste de la population, dont les droits sont bafoués par un pouvoir raciste. Elle se termine néanmoins sur une touche d’espoir.
Ando drom, album Gypsy life on the road, 1997
A tam ou garah
Texte russe
Chanson des partisans bolchèviques, qui luttèrent au début de la Révolution de 1917 contre les Russes blancs, emmenés par le redoutable général Semyonof. Mal armés, peu organisés, ils l’emportèrent pourtant comme on sait !
Heyamo
Texte laz
Heyamo est un chant de travail du Lazistan, une région située au Nord Est de la Turquie, le long de la mer Noire. Les femmes s’encouragent à creuser vite pour pouvoir aller manger. La chanson a été collectée par Birol Topaloğlu un musicien turc, d’origine laz.